Refondation – Razafindravahy en appelle au courage des hommes politiques

De par ses descentes sur terrain, le parti ADN a épousé les aspirations locales d’une refondation par le biais d’une structure fédérale appropriée. Edgard Razafindravahy en appelle, ainsi, au courage des acteurs politiques pour répondre à cette attente de la population.

Audace. C’est ce que souhaite, visiblement, affirmer le parti Arche de la nation – Antoka sy dinan’ny Nosy (ADN), lorsqu’il a choisi comme ligne principale de son combat pour une refondation de système étatique, le fédéralisme « approprié » ou sahaza, en malgache. Une idée acquise et légitimée par les multiples descentes sur terrain des équipes de cette formation politique conduite par Edgard Razafindravahy.
Le courage, justement, est ce que le chef de file national du parti ADN a requis des acteurs politiques, des dirigeants, en particulier, lors d’une interview diffusée sur la radio Antsiva, hier. Le courage de mettre dans la balance et de soumettre au choix de la population, lors d’un référundum constitutionnel, l’«État fédéral approprié». « La solution proposée par le parti ADN, au départ, était une refondation à partir de la base. La vérité est que, lors des échanges avec la population locale, celle-ci, a accepté l’idée d’une refondation, mais pas dans un système d’État unitaire. Plutôt dans le cadre d’un État fédéral qu’elle estime idoine et efficace », a déclaré Edgard Razafindravahy.
Afin de sonder les aspirations de la base, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a rappelé que depuis sa création, le parti ADN a visité les localités dans treize régions. « Nous avons fait le choix de l’idée politique car, après de profondes et longues réflexions sur les échanges faits durant les tournées, il s’avère que c’est ce qui correspond le mieux à l’aspiration de la population », affirme le chef de file du parti libéral. Dans ce sens, il en appelle au courage des décideurs et autres acteurs étatiques de « répondre favorablement à ce souhait du peuple ».
L’ancien président de la délégation spéciale (PDS), de la ville d’Antananarivo, appelle, également, les hommes politiques à aller à la rencontre de la population pour connaître réellement ses attentes. Une démarche faite par le parti Arche de la nation depuis ses débuts. « Cela nous a permis de mieux connaître nos compatriotes, d’échanger avec eux, de les écouter et d’apporter un peu d’espoir », confie l’ancien premier magistrat de la capitale.
Réconciliation
De par ces multiples rencontres, Edgard Razafindravahy, a soutenu, durant l’interview d’hier, qu’« en vérité, la population vit dans la précarité, est vulnérable, en colère, triste et désabusée par les promesses non tenues ». En cause, selon ses explications, les élus et responsables locaux n’ont aucun pouvoir, aucun moyen pour influer sur le développement des localités. Pareillement, pour les habitants. Le système étatique actuel renie aussi toute idée de redevabilité des dirigeants.
Une autre raison avancée par le chef de file du parti ADN, au micro de la radio Antsiva, est qu’« en vérité, le peuple ne se sent plus propriétaire de ses terres, ni de son avenir. Il ne s’estime plus responsable ». Comme conséquence de cette situation, l’homme politique évoque les problèmes des feux de brousse. « Croyez-vous que les Malgaches bruleraient leur terre, leur environnement s’ils estiment en être les propriétaires », a-t-il lancé. Dans cette optique, le parti Arche de la Nation requiert « une réconciliation de la population avec la terre ».
Selon le chef de file Razafindravahy, « c’est la vraie réconciliation ». Il s’agit de rendre aux habitants leurs terres. D’avoir confiance et de permettre à la population locale d’exploiter ses terres et les richesses qu’elles renferment. « Partout où nous sommes passés, les problèmes fonciers, l’attribution de l’exploitation des terres à d’autres est un des principaux objets des peines des habitants », rapporte l’ancien PDS d’Antananarivo.
Changement
Autant de raisons qui ont forgé l’idée d’une refondation par le biais d’une structure fédérale appropriée défendue par le parti ADN. Durant l’interview d’hier, Edgard Razafindravahy a, cependant, souligné que pour la formation libérale « Madagascar reste une nation. C’est pour cela que nous accentuons le terme approprié afin d’éviter les excès ». À lui d’ajouter que la forme que prendra ce système fédéral approprié sera défini à la suite d’une consultation de la population « sans exception ».
Interrogé par Annick Raherimanana, journaliste de la radio Antsiva, sur le point de vue de la formation sur la perspective de la présidentielle de 2018 il s’interroge : « Je pose la question à la population. Une élection présidentielle dans un État unitaire a-t-elle apporté des améliorations de son quotidien À quoi sert une élection si elle n’apporte aucun changement positif à la vie de chacun ».
Un peu plus tard, durant l’interview d’hier, le chef de file de la formation libérale a soutenu que « l’histoire de Madagascar témoigne que l’État unitaire n’a comme résultat qu’un recul du développement du pays. (…) Si tel est le résultat, actuellement, c’est que les dirigeants qui se sont succédé ont été des incapables, ou alors, c’est le système étatique qui ne marche pas. Mettre en place une structure fédérale appropriée garantira un vrai changement », conclut-il.

Texte : Garry Fabrice Ranaivoson – Rina Rasoava

 

ADN, parti libéral démocrate Malagasy