Edgard Razafindravahy – «J’incite les trois présidents à s’entendre»

Une dernière tentative pour dénouer la crise politique. Edgard Razafindravahy, leader du parti ADN en appelle au patriotisme du président de la République, de l’ancien président Ravaloma­nana et de l’ancien président de la Transition pour s’entendre dans les meilleurs délais.

Une médiation digne d’un raiamandreny. Face à l’enlisement de la crise après l’échec cuisant de l’initiative du Comité de réconciliation à Ivato, et devant le danger auquel le pays est exposé, Edgard Razafindravahy, leader du parti ADN, supplie les trois principaux concernés par cet imbroglio politique de se rapprocher et de trouver un terrain d’entente. « Je suis d’abord un citoyen soucieux de l’avenir de mon pays, mais je me permets de lancer un appel urgent à ces trois hautes personnalités pour sauver ce qui peut encore l’être », souligne d’emblée Edgard Razafindravahy. Une démarche volontariste pour éviter le pire, après un mois de crise soldé par l’échec de tous les médiateurs locaux comme internationaux.
« Il n’y a pas mieux qu’une rencontre en toute franchise, exprimant le patriotisme pour rassurer l’opinion en ce moment délicat que traverse le pays », rajoute-t-il.
Tout le monde essaie de trouver une solution à cette crise qui paralyse la vie nationale. C’est donc une ultime tentative pour rapprocher Hery Rajaonarimampianina, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. « On peut par la suite définir le chemin à suivre quand tous les malentendus auront été dissipés. Chacun pourra proposer son projet, que ce soit une élection anticipée, une transition, un référendum ou une autre solution », précise l’ancien Pds d’Antananarivo qui connaît bien les trois personnalités.
« Que votre différend n’envoie pas Madagascar dans un précipice. Je crois que vos partisans vous font confiance, et aucun d’entre eux ne souhaite le pire pour le pays », continue Edgard Razafindravahy.

Tentative ultime
Il faut trouver une solution immédiate pour éviter tout débordement dont les conséquences risquent d’être incommensurables. « Tant qu’on peut encore le faire, il faut tout tenter, tout essayer même s’il n’y a qu’un mince espoir, avant que l’état d’exception ne soit déclaré. D’ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise chose s’ils n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente. On ne peut pas laisser la situation pourrir longtemps », recommande Edgard Razafindravahy qui suggère aux trois dirigeants de mettre de côté leur égo, d’oublier leur différend, de faire taire les critiques et de penser à l’intérêt supérieur du pays.
Il est plus que temps de redresser la situation. Personne n’a intérêt à ce qu’elle se détériore. L’intransigeance n’est pas bonne conseillère, l’objectif n’est pas de faire de nouvelles victimes. En politique, le but n’est pas de faire couler le sang ou de faire des pillages, ni de s’entretuer.
« Je crois que les trois responsables sont convaincus de cette perception. Rien ne vaut donc le dialogue, à l’image des grands dirigeants de ce monde qui sont arrivés à aplanir leurs différends à force de volonté et de patriotisme ».
Rédaction de l’Express de Madagascar

 

ADN, parti libéral démocrate Malagasy